Bénéfice record de 32 milliards pour les banques françaises en 2021

Les banques françaises ont publié cette semaine des bénéfices nets historiques de plus de 32 milliards en 2021. Ajoutés à ceux de 2020, ces bénéfices ont dépassé la barre de 50 milliards en pleine crise de la Covid-19. La garantie de 143 milliards donnée sur les prêts, ne doit pas permettre aux banques de faire des profits sur le dos de l’État. Les frais bancaires abusifs doivent être remboursés, les salaires augmentés et les plans sociaux stoppés. Notre article.

Les banques ont profité de la crise à plein pot, profitant comme en 2008 des deniers publics : socialisation des pertes et privatisation des profits. Au même moment, les plans sociaux se multiplient et d’autres sont en préparation. Les banques ont distribué 7 milliards en dividendes et rachats d’actions en 2021, contournant les recommandations de provisions venant de la Banque centrale européenne. Les banques s’apprêtent à faire de même en 2022, à hauteur de plus de 12 milliards d’euros. C’est inacceptable et injustifiable !

Une augmentation exponentielle des frais bancaires

Et « en même temps » que ces bénéfices records, les frais bancaires ont été multipliés par 10 depuis la crise de 2008. Ils ont atteint 7 milliards d’euros en 2017. Puis ils ont augmenté de plus de 50 % en pleine crise de la Covid-19 et ont dépassé la barre des 10 milliards en 2020. Cet impôt privé pénalise les particuliers en difficulté, des millions de personnes depuis le début de la crise : étudiants perdant leur job, salariés mis au chômage partiel perdant 20% de leur revenu, intérimaires, etc.

La liste est longue de ceux dont les comptes ont été ponctionnés par centaines d’euros mensuels, privés de pouvoir d’achat, plongés dans la pauvreté. Ils ont été aspirés dans une spirale infernale et insurmontable, via notamment la facturation des rejets de paiements, les frais de courriers et les commissions exorbitantes en cas de défaut de provisions suffisantes. En appliquant des frais en cascade pour chaque incident, les banques ont fait des frais bancaires un véritable cercle vicieux qui concerne 8 millions de personnes et représentent 10 milliards d’euros.

LREM rejette la proposition de loi LFI visant à plafonner les frais bancaires

Et pourtant, le Emmanuel Macron et son ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, si heureux de mettre 143 milliards sur la table en garantie pour les banques, ont rejeté la proposition de loi que le groupe parlementaire de la France insoumise a défendu à l’Assemblée nationale, le 4 juin 2020, afin de plafonner ces frais bancaires aux particuliers, ainsi qu’aux TPE et PME qui ne bénéficient d’aucune protection actuellement. Et ce, malgré le vote favorable de 6 groupes parlementaire sur 10.

Ils ont même réitéré ce refus le 4 février 2022, alors qu’une nouvelle proposition de loi dans ce sens, en deçà des demandes de la France insoumise, était déposée et que les banques n’avaient toujours pas tenu leurs engagements concernant la clientèle fragile.

Malgré les éléments de langage et la rhétorique compassionnelle de Bruno Le Maire dans l’émission Cash-Investigation du 4 février 2021 sur les frais bancaires, hormis des mesurettes pour gagner du temps et manipuler l’opinion, rien n’a été fait et rien ne sera fait par ce gouvernement pour mettre fin à ce « précaricide » dont ils se rendent complices.

Au menu : augmentations de salaires en bernes et suppressions d’emplois.

Alors que l’inflation grimpe à 5% en ce début d’année 2022, les syndicats du secteur bancaire réclament une forte revalorisation des salaires, à hauteur minimale de 3,2%, ce qui est dérisoire au regard des 50% d’accroissement du profit des banques, et dont la moitié ira aux actionnaires sans compter les bonus versés aux dirigeants !

Une hausse de 3,2% correspondrait globalement aux revalorisations accordées dans d’autres secteurs d’activité, censées compenser le retour de l’inflation et refléter la hausse du SMIC.

Pourtant les banquent proposent sans honte des augmentations collectives  de 0,5 à 1%, alors qu’elles devraient récompenser le travail fourni par les salariés en 2021 dans un contexte de crise sanitaire.

Fière d’afficher leurs résultats historiques, les banques ne se vantent pas du nombre de suppressions d’emplois et de fermetures d’agences, qui le sont tout autant !

Banques : 12 000 emplois supprimés sous Macron, un « pognon de dingue » dans la poche des actionnaires

En effet, durant le quinquennat Macron ce sont 12.000 emplois minimum supprimés et 5000 suppressions supplémentaires déjà planifiés à horion 2025, plusieurs milliers d’agences bancaires et de point de vente fermés, au détriment des usagers et salariés, et ce au nom du « profit ».

On peut affirmer sur la base d’éléments chiffrés et factuels que le secteur bancaire coûte non seulement « un pognon de dingue !» mais qu’en outre il profite de l’argent public, donc de nos contributions fiscales, pour engraisser les actionnaires tout en cassant les emplois.

Il est donc urgent d’instaurer un service public bancaire mettant fin à ce véritable détournement de fonds, et y substituant une pratique vertueuse et contrôlé au bénéfice des usagers, familles, artisans et commerçants.

Face à la spéculation et au profit à tout prix, c’est à l’économie réelle du pays qu’il faut aujourd’hui donner priorité.

Par Véronique Danet, cadre bancaire, DS UGICT-CGT