🏛️ÉTAT D’URGENCE SANITAIRE : DU CLAIRON À LA CAPITULATION (24/10/20)

Intervention de Danièle Obono, samedi 24 octobre 2020, lors de la discussion générale en séance du projet de loi de prorogation de l’état d’urgence sanitaire

Nous sommes donc passé d’un grandiloquent : “Nous sommes en guerre !” (Emmanuel Macron, 16/03/20), à un piteux : “Il faut apprendre à vivre avec le virus” (Le même, 6 mois plus tard).
Les coups de menton du ministre Véran, qui, toute honte bue, se permet de tancer les parlementaires qui font leur travail de contrôle de l’action de son gouvernement pour masquer son mauvais bilan, n’y changeront rien. Si nous sommes passé du son du clairon à la capitulation – pour reprendre le vocabulaire martial que la Macronie affectionne tant – c’est que les choix de ce gouvernement et cette majorité nous ont fait perdre bataille après bataille.

Les moyens
Comment le gouvernement peut-il justifier la restrictions des libertés par la “saturation du système de santé” alors que ce même gouvernement a supprimé 4200 lits d’hôpitaux en 2018, 3400 lits en 2019 et que faute de personnel, des soignant·es positifs ont été mobilisés ?
Avec 900 millions d’euros en moins pour l’hôpital en 2021 et 4 milliards d’économies attendues sur les dépenses d’assurance-maladie dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, pensez-vous sérieusement avoir pris conscience de l’ampleur de la crise sanitaire ?

La démocratie
Alors que c’est l’implication collective des soignant·es, des salarié·es essentiel·les, et de toute la population pendant le confinement, qui a permis de faire baisser le niveau de propagation du virus, ce gouvernement et cette majorité n’ont cessé de piétiner la démocratie sanitaire, sociale et parlementaire. Vous avez privilégié le verticalisme jupitérien au détriment des contributions associatives, syndicales et politiques.
Vous continuez, encore aujourd’hui, à feindre d’ignorer l’ensemble des propositions formulées par La France insoumise pour faire face à la crise.

11 propositions législatives : pour la nationalisation de Luxfer et Famar ; la création d’un pôle public du médicament ; la réquisition de l’industrie textile; la suspension des loyers; la gratuité des obsèques pour les familles des victimes du Coronavirus; la gratuité des masques; la reconnaissance du Coronavirus comme « catastrophe naturelle »; la reconnaissance du Covid-19 comme maladie professionnelle ; l’encadrement des prix alimentaires; la lutte contre la précarité énergétique ; l’annulation de la dette

4 propositions de planification : 11 mesures d’urgence pour organiser toute la population et pour les étudiants ; 25 propositions pour sortir de la crise au niveau européen ; 2 plans de déconfinement général et économique

4 guides : sur les violences intrafamiliales la protection des salarié·es; les ordonnances du gouvernement les préconisations municipales

La confiance
Infantilisant le peuple, méprisant la représentation nationale et la société civile, ce gouvernement n’a cessé de mentir, perdant haut la main la bataille de la confiance.

Retard dans la gestion de crise
– 24/01/20 : “le risque d’importation depuis Wuhan est quasi nul, le risque de propagation du coronavirus dans la population est très faible” (Agnès Buzyn).
– 13/03/20 : “Quand j’ai quitté le ministère (le 16 février 2020) je pleurais parce que je savais que la vague du tsunami était devant nous. (Agnès Buzyn).

Dépistage
– 16/03/20 : le directeur général de l’OMS invitait l’ensemble des pays à tester massivement.
– 17/03/20 : “La France n’est pas visée” par la consigne de l’OMS (Jérôme Salomon, DG de la santé).
– 24/03/20 : à ma question sur la stratégie de dépistage, vous prétendiez avoir suivi toutes les recommandations de l’OMS et avoir les capacités de tests suffisantes.
– Le 14/10/20 dernier, Emmanuel Macron reconnaît l’échec de votre “non stratégie”.

Masques
– En 2018 Jérôme Salomon est informé que le stock étatique est en grande partie périmé et insuffisant.
– 10/03/20 : “Il n’y a pas une pénurie de masques chirurgicaux” (Olivier Véran)
– Le 21/03/20 : les masques ne sont “pas nécessaires”, “inutiles”, “compliqués à utiliser de façon efficace” (Olivier Véran).
– En septembre : vous les rendez obligatoires partout.

Cette politique de gribouille a conduit à affaiblir la réponse sanitaire et la protection de la population, qui d’ailleurs, ne s’y est pas trompée.
→ En mai, les 2/3 des sondé·es estiment que le gouvernement n’a pas été à la hauteur de la situation, alors qu’en moyenne en Europe, 51% des personnes interrogées jugent que leur gouvernement a su gérer la crise.
→ En septembre, 65% disent ne pas faire confiance à nos dirigeants pour stopper la propagation du virus.

Faute d’avoir adopté des mesures concrètes à la crise sanitaire, économique et sociale, laissant l’hôpital à l’abandon, le Gouvernement s’en remet une nouvelle fois au confinement des libertés et à la culpabilisation individuelle. Nous ne vous accorderons pas les pouvoirs exorbitants que vous sollicitez.

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